A travers la Lorraine, en sillonnant l’histoire

Riche de son histoire, Nancy peut s’enorgueillir, outre de capitale du duché de Lorraine, d’avoir gagné une renommée mondiale avec la naissance de l’art nouveau.

« La place de l’hôtel de ville, est une des places rococo les plus jolies, les plus gaies et les plus complètes que j’ai vues. C’est une décoration fort bien faite et merveilleusement ajustée avec toutes sortes de choses qui sont bien ensemble et qui s’entraident pour l’effet ; des fontaines en rocaille, des bosquets d’arbres taillés et façonnés, des grilles de fer épaisses, dorées et ouvragées, une statue du roi Stanislas, un arc de triomphe d’un style tourmenté et amusant, des façades nobles, élégantes, bien liées entre elles et disposées selon des angles intelligents. […] C’est une place marquise. » Victor Hugo in  Le Rhin

Une place Stanislas débarrassée aujourd’hui de toute circulation automobile et qui étale dans son périmètre l’hôtel de ville, l’Opéra, le musée des Beaux Arts, la boutique Daum, des terrasses de café où il fait bon se prélasser. L’écrivain reconnaîtrait aujourd’hui parfaitement ce lieu qu’il décrivait en 1839.

Riche de son histoire, Nancy peut s’enorgueillir, outre de capitale du duché de Lorraine, d’avoir gagné une renommée mondiale avec la naissance de l’art nouveau. Les témoignages y abondent, aussi bien à la villa Majorelle, véritable exemple d’une architecture décomplexée, qu’au musée de l’Ecole de Nancy, ou bien aux hasards des balades dans la cité.

Villa majorelle 2015
Villa Majorelle

Toute la petite troupe, logée dans un hôtel d’un nouveau quartier arboré en bord de canal, a admiré quelques endroits parmi beaucoup d’autres, dont, la porte de la Craffe, tour majestueuse qui veillait autrefois l’entrée est de la ville. L’ouverture de la tour est autorisée à discrétion, uniquement aux petits groupes. La structure de cette ancienne prison, passée musée dans les années 70, est très fragile, de par ses planchers et ses escaliers en bois qui semblent remontés à des temps lointains. Cependant, ses fondations en pierre, qui ont bravement résisté au temps, servirent pendant des siècles, « abritant » prisonniers, geôliers, guetteurs.

Etait-ce un week-end ordinaire que celui de l’Ascension, où Nancy gagna sa place en ligue 1 de football ? Ainsi que Metz ?

Metz gare
Gare de Metz

Metz que nous abordions via le Metrolor, appellation locale d’une navette ferroviaire qui relie les deux villes en à peine trente minutes. L’impression en sortant de la gare est celle d’un individu découvrant un nouveau monde ! La gare elle-même mérite une attention appliquée. Longue de trois-cents mètres, agrémentée d’un château d’eau, elle a été conçue par les Allemands à des fins militaires. Ample, dégagée par un parvis, sa structure est unique. La ville reflète l’occupation prussienne de quatre décennies, et n’a pas échappé aux soins de l’Empereur Guillaume II qui aimait s’y rendre : Temple neuf, palais du gouverneur, la grande poste… ces édifices en pierre gris clair contrastent avec ceux de l’architecture française, construits en pierre « d’or » de Jaumont : la cathédrale Saint Etienne, l’opéra, l’arsenal etc…

Au delà l’urbanisme ne représente plus, cette ancienne ville de garnison, entre parcs, jardins, entre Moselle et Seille, c’est une délicieuse promenade qui flatte le regard. Pourtant, il restait à voir, la Porte des Allemands, qui surveille, elle aussi, l’entrée de la ville, les remparts, le quartier impérial, près de la gare, d’où il nous fallut passer « au-delà » , pour entrer au musée Pompidou, annexe fastueuse du Beaubourg parisien. Annexe ou musée complémentaire ? car si l’établissement renferme les grands toiles, impossibles à exposer à Paris, les expositions temporaires présentent la création contemporaine et leurs mises en scène provoquent l’interrogation sur notre monde. Hier, Michel Leiris, aujourd’hui incendies, tremblements, Fukushima, les installations interpellent le visiteur sur les bouleversements actuels.

Si les uns restèrent au musée, certains repartirent à Nancy, d’autres déambulèrent de nouveau dans la ville, jamais rassasiés, désireux et curieux de passer là où la guide n’a pu les mener.

Musée beaux arts Nancy
Musée des Beaux-Arts

La cité, les pierres, les tableaux du musée des Beaux-Arts et sa collection Daum, judicieusement installée en sous-sol, dans les vestiges des fortifications, bast ! L’appel de la nature s’imposait. Quoi de mieux que les Vosges, territoire à cheval entre le massif rhénan et les contreforts des Alpes, reliant l’Alsace à la Lorraine, épaulés par l’Asma locale. Une heure de route en bus suffit pour faire halte au lac de Bouzay, lac artificiel retenu par une digue de 500 mètres ; où il est imposé de s’y promener après un pique-nique agrémenté d’une spécialité locale que chacun avait apporté de sa région du Nord, de Franche Comté voire de Normandie et j’en passe.

 

Ensuite, le fort d’Uxegney ! place forte décidée par les militaires, après 1870 et avant 1914. C’est ainsi que furent construits moult forts, distants les uns des autres de 12 km, car la portée de canon était de 6 km. On s’y battit peu pendant la première guerre mondiale, pendant la deuxième aussi.

Fort de Uexegney
Fort d’Uxegney

Ce fort, bien conservé, entretenu par une association qui s’est chargée de l’ouvrir au public, offre un bel exemple d’architecture militaire. Juché sur un superbe promontoire, qui déroule dans un déplacement circulaire un magnifique paysage, les déplacements y sont néanmoins souterrains. Nos déambulations nous menèrent entre canons, cuisine, dortoir, bureaux, pour constater que la vie du soldat sous cloche n’était qu’une longue attente.

De la ligne Maginot à Epinal, il n’y avait que six kilomètres pour constater que le centre d’imagerie était fermé. Le restaurant au bord de Moselle était fort heureusement ouvert. Il faisait nuit noire lors du retour à l’hôtel.

Il n’y a de bonne compagnie qui ne se quitte, et si les participants, attentifs, à l’écoute et bienveillants, ont savouré le passage du dimanche matin à la villa Majorelle, ils ont su apprécier également le musée de l’école de Nancy, ancienne demeure, où tableaux, mobiliers, verrerie, sont exposés dans des salles réaménagées pour montrer le mouvement créatif des annés 1900.

Voilà quatre jours d’une belle découverte. Il sera facile pour chacun de revenir, assuré de satisfaire une curiosité bien insuffisamment remplie -il y a tant de choses à voir. Il va sans dire que le folklore fut à l’honneur un beau soir, avec la troupe des Neugeottes. Qui offrit, un spectacle alliant chansons, musique sur des instruments anciens, sketchs, patois, historicisant une région au passé riche et mouvementée. La présidente de l’Asma 54 y fut pour quelque chose. Sans elle rien ne se pût ainsi. Et adieu les sabots !

La prochaine étape que le secteur culture proposera sera la Normandie avec Rouen pour emblème !!

Marius Durand

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